Reflets de l'Arc n°314

"Il m'a aimé et s'est livré pour moi !"

Le sommet de la semaine Sainte, c’est le Triduum pascal, du jeudi saint au soir au dimanche de Pâques inclus. Il structure la vie chrétienne ecclésiale et personnelle, qui est une vie de mort et de résurrection.

Pour vivre toute notre année en fils de Dieu dans le Christ, nous devons nous plonger, par les célébrations bien sûr, mais aussi par la prière silencieuse, dans la source inépuisable qu’est le Mystère pascal fait de deux faces : la passion et la mort, et, la Résurrection dont la Pentecôte est inséparable.

« Faire notre Pâque » avec le Christ consiste à revivifier notre baptême, à recevoir le pardon et la réconciliation par le sacrement de la réconciliation et de la pénitence, et à retrouver les richesses de l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne et de la mission de l’Eglise.

Le temps de la Passion et de Pâques a toujours été pour les chrétiens et doit toujours être pour nous un temps aimé et vécu avec une intensité spirituelle, personnelle et ecclésiale, unique et toujours plus profonde. « Victoire, tu règneras ! O Croix, tu nous sauveras ! » Cette victoire, c’est celle de Pâques déjà présente et contemplée sans fin dans la Croix.

Sainte Semaine à  tous !
Père Vincent Pascal

Reflets de l'Arc n°313

Projet de loi concernant la fin de vie

 

Ce 10 mars 2015, le nouveau projet de loi sur la fin de vie est en débat à l’Assemblée nationale. Quoi de plus beau que de permettre aux soignants et aux familles d’accompagner plus dignement les personnes malades qui s’approchent de ce moment de la vie qu’on appelle la mort. Ce projet de loi se présente comme une révision de la loi du 22 avril 2005, dite Léonetti. Avis de « vigilance orange » sur ce projet. Voici quelques repères :

1- Mourir dans la dignité, c’est avoir une fin de vie où sont apaisées les douleurs physiques et morales du malade et où demeure vivante jusqu’au dernier souffle la relation avec ses proches. Lorsque les soins thérapeutiques apparaissent inutiles ou disproportionnés, les soins palliatifs prennent le relais pour apaiser la douleur. Nous demandons d’accélérer l’accès de tous aux soins palliatifs et la formation des personnels soignants à la médecine palliative. Puisse la loi accorder un droit de chaque malade aux soins palliatifs.

2- La sédation en question : la sédation est un soin palliatif (« sedare » signifie « calmer ») qui consiste à endormir le patient lorsque la douleur est devenue insupportable. Mais lorsque la sédation est « terminale » et continue, elle cache une euthanasie qui ne dit pas son nom. Sédation intermittente en phase terminale : oui. Sédation terminale comme solution finale : non.

3- Tu ne tueras pas. L’interdit du meurtre est le socle de toute vie en société, l’homme n’est pas un loup pour l’homme. Le député Jean Leonetti, artisan de la loi, dit lui-même qu’il n’acceptera jamais que soit transgressé cet interdit.

4- Chaque personne malade est unique, et sa situation singulière nécessite un dialogue entre le patient et le soignant, et avec ses proches. Les soins palliatifs seront adaptés à chaque personne malade de façon à garder les meilleures conditions possibles de ce dialogue.

Pour une réflexion plus approfondie, nous conseillons la lecture du livre de Mgr d’Ornellas : « Fin de vie, un enjeu de fraternité », Salvator, mars 2015.

Ce débat sur la fin de vie nous concerne tous. Je le recommande à votre prière fervente pour que l’Esprit Saint éclaire l’intelligence et le cœur de nos élus. Toute civilisation sera jugée sur la manière dont elle accompagne les personnes dans ce grand moment de la vie qu’est la mort. Vigilance orange !

+ Christophe Dufour
Archevêque d'Aix-en-Provence et Arles