Reflets de l'Arc n°319

Demandez des prêtres !

 

« Les prêtres, ça existe encore ! » C’est ainsi qu’un couple de touristes exprimaient leur étonnement en croisant dans la rue un jeune prêtre en col romain ; la rencontre fut si cordiale qu’elle se poursuivit autour d’une bière à la table d’un bistrot. Oui, de jeunes hommes s’engagent aujourd’hui sur ce chemin et en ce mois de juin de nombreux évêques ont la joie de les ordonner prêtres au terme de leur formation. Mais qu’est-ce donc qu’un prêtre ?

Le prêtre a un amour : le Christ. « Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus » disait le curé d’Ars. Le prêtre choisit le Christ et fait de lui le TOUT de sa vie, et il se donne TOUT à Lui. « Totum tuum ! Tout à Toi ! » Le Christ est l’aimant qui attire le prêtre dont toute la vie est vécue à la suite du Christ. « Toi, suis-moi » lui dit le Christ, et comme jadis les premiers apôtres, il a suivi le Christ, écoutant ses paroles, contemplant ses gestes, désirant l’imiter en toutes choses.

L’autre amour du prêtre, c’est l’Église, qui ne fait qu’un avec le Christ car elle est l’épouse du Christ. Le prêtre l’aime passionnément et il donne sa vie pour la servir au nom du Christ. L’Église n’est pas d’abord une entreprise qui serait dirigée par des cadres supérieurs que seraient les prêtres. L’Église est une communion de personnes qui ont en commun le désir de faire de leur vie une imitation du Christ. L’Église, ce sont les disciples du Christ. Le prêtre vit au milieu d’eux, respirant leur odeur, « l’odeur des brebis » dirait le pape François. Dans l’Esprit Saint qu’il a reçu à son ordination, il rend présent le Christ.

J’aurai la joie d’ordonner prêtre Franck de Marc à la cathédrale le dimanche 21 juin. À cette occasion je rendrai grâces pour tous les prêtres du diocèse d’Aix et Arles. Priez pour vos prêtres. Et priez pour demander des prêtres, de saints prêtres, beaucoup de saints prêtres. Comme chaque premier vendredi du mois, le 5 juin à 14h30 à Orgon auprès de Notre Dame de Beauregard, j’irai prier à cette intention. « Seigneur Jésus, sous le beau regard de Marie, nous unissons nos voix pour te demander des prêtres ».

+ Christophe DUFOUR, Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles

Reflets de l'Arc n°318

"Ne laissez pas l'Esprit-Saint au chômage !"

Voici la fête de la Pentecôte, le cinquantième jour après Pâques. Elle est fêtée chez nos frères israélites pour qui est la fête du don de la Loi à Moïse au Sinaï. Pour les chrétiens, elle est la fête du don de l’Esprit. Mais qui est donc cet Esprit saint de Dieu en qui les chrétiens mettent leur foi ?

Je vous avoue avoir été marqué par le témoignage du pape Benoît XVI alors qu’il était encore le cardinal Joseph Ratzinger. C’était il y a 25 ans, précisément en 1989, le mur de Berlin tombait. Sans une bombe, sans un missile, sans même un coup de feu. Et le cardinal allemand interrogé à ce sujet répondait par ces simples mots : « Ce fut la victoire de l’Esprit ».

Chrétiens, nous croyons en la victoire de l’Esprit, en sa divine puissance d’amour, en sa douce force de paix, de réconciliation et de pardon. Cette puissance s’est manifestée dans la résurrection du Christ et sa force de guérison porte encore ses fruits aujourd’hui. On les appelle les fruits de l’Esprit ; ils sont « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (lettre de Paul aux Galates 5, 22-23).

Dans notre tradition chrétienne, le baptême et la confirmation sont les sacrements, les signes sacrés de ce don de l’Esprit du Christ Jésus. En cette fête de Pentecôte 2015, le samedi soir à la cathédrale d’Aix-en-Provence, m’est donnée la joie de confirmer 80 adultes qui m’ont écrit pour recevoir ce don de l’Esprit. Et je leur dirai ceci : « Ne laissez pas l’Esprit saint au chômage ». Oui, l’Esprit saint du Créateur ne demande qu’à travailler. Priez-le chaque jour, offrez-lui votre intelligence et votre cœur pour qu’il poursuive aujourd’hui son œuvre d’amour en notre humanité.

+ Christophe DUFOUR,
Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles - Pentecôte 2015

Reflets de l'Arc n°317

Voici la fête de l'Ascension !

 

Cette année, notre gouvernement a décidé que non seulement les élèves chômeraient ce jeudi mais qu'ils feraient aussi le grand pont jusqu'au lundi suivant. C'est vraiment faire grand honneur à cette fête. Non seulement un week middle, mais un long week-end !

Mais qui sait encore ce qu'est la fête de l'Ascension !

Quarante jours après Pâques, Jésus monte vers Dieu. Ses amis recueillent de lui cette ultime parole :
« Vous recevrez une force ». Et ils se souviennent de ce qu'il avait dit avant sa mort :
« Je prierai le Père, et il vous enverra l'Esprit Saint. »

En cette fête de l'Ascension, les chrétiens se souviennent de cette promesse du Christ et de la mission qu'ils ont reçue de lui : bâtir la civilisation de l'amour.

Chers amis, y'a du boulot !

Et nous avons bien besoin de la force de l'amour de Dieu pour répondre à la mission qui nous est confiée. Neuf jours après l'Ascension nous fêterons la Pentecôte. Le temps d'une neuvaine de prière pour demander l'Esprit Saint ! Si tous les chrétiens du monde priaient avec une vraie ferveur, un feu d'amour embraserait le monde.
« Dieu, fais de nous des artisans de la civilisation de l'amour. Au nom de Jésus, donne-nous ton Esprit. »

Je souhaite à tous une bonne fête de l'Ascension !

Message de Mgr Dufour pour le Fête de l'Ascension



Mgr Christophe Dufour a enregistré un message sous forme vidéo pour la fête de l’Ascension, accessible par le lien : http://goo.gl/Uow2Xo

Reflets de l'Arc n°316

Moyen-Orient, "En ne dénonçant pas ces cruautés, on fait le jeu de Daech"


Entretien avec Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient.
 

Faut-il dénoncer les nouvelles décapitations commises dimanche 19 avril par Daech en Libye ou les taire, au contraire, afin de ne pas risquer de créer des divisions religieuses ?

Mgr Pascal Gollnisch: Il faut parler des cruautés de Daech, sinon le grand public ne réalise pas les horreurs que ses hommes commettent. Que l’on ne montre pas à la télévision les vidéos sordides de décapitation, cela se comprend, mais il ne faut surtout pas taire à quel point cette organisation est cruelle. Sinon on fait son jeu. Tout retard pris le renforce.
Daech est en train d’étendre son champ d’action: après l’Irak, la Syrie, la Libye, il s’en prend maintenant à l’Éthiopie où les chrétiens – orthodoxes ou catholiques – sont majoritaires. C’est dans sa logique de s’en prendre à tous les chrétiens d’Orient. Les Éthiopiens, même s’ils sont en Afrique, en font partie.
 
Que peuvent faire les États occidentaux? 
 
Mgr P. G.: Je ne peux pas ne pas m’interroger sur l’apparente inaction de nos gouvernements…
Pourquoi le porte-avions Charles de Gaulle quitte-t-il le golfe Persique alors que les bombardements contre Daech en Irak sont loin d’être terminés ?
Pourquoi laisse-t-on cette organisation continuer de vendre du pétrole via la Turquie, alors qu’en août dernier des sanctions avaient été décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’encontre de tous ceux qui l’aideraient à écouler clandestinement du pétrole ?
Enfin, selon moi, la question de l’envoi de troupes sur le terrain continue de se poser, en sachant qu’il n’y a pas que les armées américaine et française qui doivent être concernées. Il faut agir vite et fort pour stopper les atrocités quotidiennes de Daech – chaque jour, des femmes yézidies sont violées ou vendues sur le marché de Mossoul !

(Une interview accordée à La Croix, recueillie par Claire Lesegretain, 21/04/2015)

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