Reflets de l'Arc n°361

La bataille électorale bat son plein sur la terre de France et d’outre-mer tout au long de ce mois d’avril 2017. Les candidats nous feront-ils rêver ? Leurs promesses combleront-elles nos espoirs pour notre pays ? Je le souhaite et laisse à chacun le soin de juger, de discerner et de voter selon sa conscience. C’est un vrai travail, et voter est un devoir. Pourtant, même si les espoirs sont déçus, l’espérance demeure. L’espérance est ce qui tient lorsque les espoirs sont morts. Le mystère pascal que les chrétiens célèbrent en ce mois d’avril est la fête de l’espérance.
"Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance" écrivait Charles Péguy au seuil du siècle le plus noir de l’histoire du monde. Et il ajoute : "L’espérance est une petite fille de rien du tout… C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes". Cette petite fille grandit entre ses deux grandes sœurs la foi et la charité. La foi jaillit de l’âme comme un chant devant les merveilles ou comme un cri dans l’épreuve. La charité jaillit du cœur en portant le regard vers les détresses du prochain. Mais l’espérance ne va pas de soi, espérer est difficile, "la pente est de désespérer, ajoute le poète, et c’est la grande tentation". Voilà pourquoi l’espérance est un don de Dieu, une vertu « théologale », l’espérance est un cadeau, une divine grâce divine, et il nous faut la demander avec ferveur en ce temps de Pâques.
Le vendredi saint est une journée noire dans l’histoire, elle est la honte de l’humanité. Pensez donc, le seul innocent que la terre ait porté a été condamné à mort. C’est la pire erreur judiciaire de tous les temps. "Et nous qui espérions" diront Cléophas et son compagnon sur le chemin d’Emmaüs entre Jérusalem et Gaza. Les disciples de Jésus en étaient désespérés. L’espérance était morte. Et pourtant, ils feront le tour du monde pour témoigner de l’évènement le plus important de l’histoire de l’humanité : ce Jésus, condamné à mort, crucifié, enseveli, Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. Nous en sommes encore aujourd’hui les témoins : la puissance de l’Amour est plus forte que toute mort.

La parole des chrétiens en ce monde est une parole d’espérance. Au sein de communautés aimantes et fraternelles, apprenons à devenir témoins joyeux de la rencontre de Jésus-Christ vivant, ressuscité. 

+ Christophe DUFOUR, Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles